La Chine considère l’open-source comme un pilier de la stratégie technologique nationale, étendant son influence du logiciel vers l’IA et le matériel.
L’open-source est aujourd’hui le fondement des systèmes d’exploitation, des serveurs, des bases de données, de la cryptographie et de nombreux services numériques mondiaux.
Pékin promeut des plateformes telles que l’OpenAtom Foundation, Gitee, openKylin et openEuler afin de réduire sa dépendance technologique envers les pays étrangers.
Huawei a exploité Android open-source à la suite des sanctions américaines avant de développer HarmonyOS NEXT et OpenHarmony.
La Chine investit massivement dans RISC-V pour réduire sa dépendance à l’égard de la propriété intellectuelle étrangère en matière de semi-conducteurs et limiter l’impact des contrôles à l’exportation.
Les entreprises chinoises participent également à l’élaboration des normes 6G par le biais de l’alliance internationale Open-RAN.
En matière d’IA, Qwen, DeepSeek, Kimi et GLM sont principalement publiés selon un modèle à poids ouverts (open-weight) plutôt qu’en open-source complet.
OpenAI et Anthropic ont accusé certaines entreprises chinoises d’utiliser des techniques de distillation non autorisées pour copier des modèles.
Les États-Unis envisagent de restreindre les modèles à poids ouverts chinois, tandis que certaines agences ont interdit l’utilisation de DeepSeek pour des raisons de sécurité.
Certaines licences d’IA chinoises ajoutent des conditions d’utilisation et privilégient une interprétation relevant du droit chinois.
L’auteur soutient que la nation qui dictera les normes techniques et juridiques de l’open-source bénéficiera d’un avantage concurrentiel à long terme.
L’article propose de renforcer les cadres internationaux tels que l’AI Act de l’UE, l’UNESCO et la norme ISO/IEC 42001 pour assurer une gouvernance efficace de l’IA.
📌La concurrence entre les États-Unis et la Chine s’est étendue des puces à l’open-source et à l’IA. La Chine ne se contente pas de développer des technologies, elle cherche également à façonner les normes techniques, les licences et l’écosystème mondial. Pendant ce temps, les États-Unis se concentrent sur les mesures de contrôle de la sécurité et de la propriété intellectuelle. L’issue de cette rivalité aura un impact profond sur la manière dont l’IA, les logiciels open-source et les infrastructures numériques seront développés et gouvernés au cours des décennies à venir.
