L’article soutient que l’IA sera un test pour les modèles politiques des États-Unis et de la Chine, la concurrence ne résidant pas seulement dans le développement de l’IA, mais aussi dans la capacité à déployer la technologie à l’échelle de toute l’économie.
Selon l’auteur, l’écart entre l’IA chinoise et l’IA américaine se réduit rapidement. De nouveaux modèles tels que Qwen3.8-Max et Kimi K3 atteignent désormais des performances presque équivalentes aux modèles américains avancés comme Fable 5 d’Anthropic.
Cependant, une analyse d’Artificial Analysis montre que les modèles américains offrent toujours un meilleur rapport performances/coût dans la plupart des cas d’usage.
Bien que la Chine ne construise actuellement qu’environ un dixième de la capacité des centres de données par rapport aux États-Unis, l’article note que cet écart pourrait se combler grâce à une forte capacité d’investissement dans les infrastructures, à la construction de centres de données en Asie du Sud-Est et à la capacité totale de production d’électricité de la Chine, qui est actuellement près de trois fois supérieure à celle des États-Unis.
La Chine cherche également à contourner les contrôles à l’exportation en faisant de la contrebande de puces Nvidia, en louant des infrastructures de calcul à l’étranger et en élargissant la production de puces nationales de Huawei.
L’auteur soutient que le plus grand avantage de la Chine réside dans sa capacité à déployer l’IA à grande échelle. Une entreprise de logistique a réduit sa demande de chauffeurs d’environ 30 % en utilisant des camions assistés par l’IA, tandis que 95 % des 128 000 microdrames en ligne sortis au premier trimestre 2026 ont été créés par l’IA, remplaçant de nombreux acteurs et équipes de production.
La Chine promeut également activement la robotisation. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de compter 10 000 robots humanoïdes en activité réelle d’ici fin 2026, tandis que Morgan Stanley prévoit que les ventes de robots humanoïdes atteindront 446 000 unités en 2030, soit environ neuf fois le chiffre de cette année.
Cependant, l’auteur estime que l’IA pourrait engendrer une pression sociale considérable. Le chômage des jeunes s’établit actuellement à environ 15 %, plus de 300 millions de personnes travaillent dans l’économie des petits boulots (gig economy), et le rythme des pertes d’emplois dues à l’IA pourrait dépasser de loin la vitesse du vieillissement de la population.
L’article estime que le gouvernement chinois aura du mal à concilier la promotion de l’IA et le maintien de la stabilité sociale. Des propositions telles que la taxation des entreprises d’IA ou la mise en place d’un revenu de base universel sont apparues dans les revues du Parti, mais le président Xi Jinping s’est opposé à plusieurs reprises aux politiques de subventions en espèces, craignant qu’elles ne réduisent la motivation au travail.
L’auteur prédit que la Chine pourrait laisser l’IA se développer rapidement jusqu’à l’apparition de problèmes sociaux graves, avant d’intervenir comme elle l’a fait par le passé avec les secteurs du soutien scolaire et des jeux vidéo. Cependant, cette approche « stop-and-go » risque de ralentir la vitesse d’innovation et de rendre difficile pour la Chine le maintien de son avantage face aux États-Unis.
📌Le plus grand défi de la Chine à l’ère de l’IA n’est pas la technologie mais la gouvernance sociale. Bien que le pays réduise rapidement l’écart en matière de modèles d’IA et bénéficie de l’avantage d’un déploiement à grande échelle, l’IA pourrait également accentuer le chômage, en particulier avec plus de 300 millions de personnes travaillant dans l’économie des petits boulots et un taux de chômage des jeunes d’environ 15 %. Selon l’auteur, le défi pour Pékin sera de concilier innovation technologique et stabilité sociale, une tâche jugée encore plus ardue pour un régime à pouvoir centralisé.
