L’IA est largement utilisée au sein du Congrès américain pour rédiger des discours, des communiqués de presse, préparer des questions d’audition, traiter le courrier des électeurs et aider à l’élaboration de projets de loi.
Un assistant de la représentante Anna Paulina Luna a par mégarde copié une réponse entière de Claude, y compris les horodatages, dans des documents officiels du Congrès.
Mme Luna a déclaré que l’utilisation de ChatGPT, Claude ou Grok par le personnel était très courante et ne violait aucune loi ni réglementation en vigueur.
La Chambre des représentants et le Sénat ont tous deux autorisé l’utilisation de plusieurs chatbots tels que Copilot, ChatGPT, Gemini, ainsi que Claude à la Chambre des représentants.
La Chambre des représentants a acheté 6 000 licences Microsoft Copilot l’année précédente et encourage son personnel à les utiliser.
Les réglementations actuelles interdisent uniquement à l’IA de traiter des données sensibles d’électeurs, de créer des deepfakes, de prendre des décisions en matière de personnel ou de finaliser la version définitive d’un projet de loi.
Un chatbot peut aider à rédiger un projet de loi ou à répondre aux électeurs, mais il ne doit pas être l’entité qui effectue la dernière étape avant la promulgation.
Le Washington Post a indiqué que presque personne ne connaît clairement ces réglementations et qu’aucun cas de sanction disciplinaire pour infraction n’a été enregistré.
Certains assistants parlementaires utilisent l’IA pour rédiger des amendements budgétaires, proposer des témoins pour les auditions, gérer les relations avec la presse ou analyser des données médiatiques.
Un assistant est même allé jusqu’à importer l’intégralité de son carnet d’adresses et des années d’historique de messages dans Claude pour constituer une base de données de travail.
Certains bureaux ont commencé à entraîner l’IA sur le style oratoire des élus afin de générer du contenu épousant leur style d’écriture personnel.
La sénatrice Elissa Slotkin exige que le personnel utilise l’IA strictement comme une aide, interdit la génération du discours final, impose la participation à des formations sur l’IA et accepte des contrôles inopinés.
Certains législateurs préviennent que l’IA doit aider les humains plutôt que de remplacer les responsabilités des représentants élus.
📌 L’IA est rapidement devenue un outil quotidien au sein du Congrès américain, tandis que les cadres réglementaires restent très rudimentaires et que leur application est pour ainsi dire inexistante. Actuellement, l’IA intervient de la recherche politique à la rédaction de lois et de discours, mais la frontière entre l’assistance et le remplacement de l’humain n’est toujours pas clairement définie. Cela soulève des questions quant à la responsabilité, à la transparence et au degré de dépendance du pouvoir législatif vis-à-vis de systèmes d’IA développés par les entreprises technologiques elles-mêmes.
